En allant de l’avant, vous acceptez que nous démolissons, critiquons, encensons, fustigeons, esquintons, glorifions, magnifions, massacrons les sujets de notre choix. Nous le faisons en connaissance de cause ou non, dans le but de ressasser gratuitement de vieilles opinions, de jeter un œil différent sur des débats actuels, de s’engager avec audace dans des thèmes nouveaux et de partager nos points de vue sur les petites insipidités de la vie. En entrant sur ce site, vous convenez donc que le sérieux et l’érudition de nos propos sont personnels et non sans failles et que, par conséquent, nous sommes ouverts à tout commentaire ou mise au point.

vendredi

délinquance

Aujourd'hui, je fais le boulot (et le blogue) buissonnier. Deux jours de congé par semaine, ce n'est vraiment pas assez pour :

1- faire le ménage, l'épicerie et toutes les platitudes qu'on a jamais le temps de faire en semaine,
2- avoir une vie sociale,
3- avoir une vie amoureuse,
4- prendre ça mou.

Alors c'est décidé, les rapports, les urgences et les airs bêtes attendront: aujourd'hui je lis mon journal dans mon lit.

Pas le temps, donc, pour un message plus intelligent! Je dois me reposer, ça presse! :)

Bon vendredi!

mardi

Moi aussi j’capote

Si vous avez regardé la télé cette semaine, vous n’avez sûrement pas manqué le Pape en Pologne. À la société d’état de Radio-Canada, on aurait dit qu’il avait bénit le Québec de sa présence au Stade olympique tellement on en a traité… Pis la question que tous les commentatas avaient sur les lèvres était : Y’a combien de zozo devant la fenêtre où il va se pointer la capine!!!?

Seulement 70 000 à l’aéroport! Rien que 200 000 à la première apparition «fenestrale»; Derome est sur le bord des larmes, mais la grâce est avec lui, JP doit lui envoyer de l’énergie positive de l’au-delà, il attire 600 000 fidèles sur l'esplanade de Blonia, à Cracovie. Ce n’est peut-être pas Jean-paul mais y pogne quand même! Le beau message d’amour va continuer d’être propagé. Ouf, on respire mieux!

Moi, euh… Comment dirais-je? Je ne respire pas mieux… Non, moi, je suis en pleine crise de panique, et je suffoque. J’ai un nœud à l’estomac. Parce que tout ça ne fait que me dire que la bataille n’est pas finie. Y’en encore trop de monde crédule, égaré qui se réclame de l’amour mais qui haïs tous ce qui n’est pas conforme a sa foi.

Parce qu’en même temps cette semaine, l’autre capine, celle des orthodoxes de Russie, envoyait un message clair aux Homosexuels de Moscou. Vous êtes des pervers et je ne vous aime pas, qu’il leur a fait comprendre. Alors la population a cru que c’était un GO pour fesser dans le tas – Let’s go, on tape sur les Moscofifs!

Ce n’est pas tout… La troisième capine d’importance dans le monde des religions a fait savoir aux moumounes juives de Jérusalem, que ce n’était pas une bonne idée de faire la parade dans les rues principales de la cité.

Finalement la dernière capine, ou plutôt le grand turban… En fait, lui je ne sais pas qui il est, ni où il est, je pense même qu’il y en a plus qu’un. Genre, un en Iran, un en Irak et encore deux ou trois ailleurs au Moyen-orient. Mais je pense que je joue «safe» en les mettant tous du bord de ceux qui ne sont pas pour le mariage gai.

Pas besoin de faire une étude psycho-socio-antropololo pour voir la constante qui se dégage de chacune de ces grandes religions planétaires. Elles proclament tous qu'elles aiment leurs prochains en autant que ledit prochain ne soit pas gai.

On n’est pas sorti du bois, et je ne trouve absolument rien de réjouissant quand je vois la foule devant le Pape… Je me dis que c’est autant de personne susceptible de me foutre une baffe si jamais un illuminé décidait qu’il voulait en finir avec nous. Donc je ne sais pas combien de temps mon attaque de panique va durer, car je ne pense pas que c’est demain la veille où j’entendrai dire aux nouvelles que le Pape à raccroché sa capine parce que seulement 8 crétins se sont présentés à sa fenêtre. Que La Mecque a été vendue parce seulement 32 pèlerins s’étaient pointé pour en faire le tour. Qu’on a démoli le mur des lamentations faute de «lamentins».

lundi

J'capote!

J’ai été invitée à voir une pièce de théâtre jouée par des ados de 5e secondaire en option théâtre d’une école de la Rive-Sud. J’ai été éblouie. Non, pas éblouie par le talent des jeunes ou par la mise en scène formidable. Éblouie par les adolescents, ces êtres qui commencent (et c’est maintenant que je m’en rends compte) à me manquer et qui sont probablement la seule raison qui motivera mon retour au travail après mon congé de maternité (bon, il y aussi un peu le fait que les 32 semaines rémunérées par l’assurance-emploi s’achèveront, mais ça c’est un peu moins beau à affirmer…).

En attendant l’ouverture des portes du théâtre ce soir-là, j’ai été submergée par une foule d’ados et je les ai observés un peu. Premièrement parce que les ados sont tout à fait passionnants et deuxièmement parce que quand il y a plusieurs ados dans un endroit, ils sont tellement intenses, tellement exagérés et tellement exubérants qu’on n’a juste pas le choix de les observer.

J’aime les voir se capoter dessus. Les copines qui se vont vues à l’école le jour même se garrochent dans les bras l’une de l’autre le soir comme si elles se retrouvaient après une détention de quelques années à Auschwitz, comme si elles avaient la surprise de voir que l’autre avait survécu à l’enfer. La procédure, chez les adolescentes, est toujours la même : apercevoir sa best dans la masse de gens, hurler son nom en dirigeant vers en elle d’un pas exagérément sautillant, les bras tendus comme pour saisir le Saint Graal, attendre que la best en question entende le cri et se mette à son tour à produire un bruit aigre, se jeter dans ses bras en sautant sur place (variante : se jeter dans ses bras en dansant sur place). Pour les adolescents, le principe de fond est le même mais en général, on ajoute l’attitude totalement nonchalante. Le jeune aperçoit son grand chum dans la masse de gens, il se déplace vers lui en faisant mine de ne pas l’avoir vu et attend que l’autre fasse lui aussi semblant de ne pas l’avoir remarqué. Quand les deux protagonistes sont bien certains que l’autre fait semblant de ne pas être au courant que la rencontre est imminente, au dernier moment, les yeux quittent le sol et se rencontrent en même temps que les mains. La poignée de mains d’usage est ferme tout en étant blasée (pour l’attitude toujours) et dans certains cas comporte un toute petite et discrète touche distinctive.

Les ados sont trippants. J’aime leur façon de ne jamais prendre rien avec un grain de sel, de toujours capoter ou alors j’aime leur façon de trouver que tout est absolument poche et blasant. J’aime leur façon de croire que PERSONNE ne les comprend ou alors j’aime comme ils croient que leur best les comprend ben trop…c’est comme si c’était ma sœur, men je capote…

Même quand ils m'énarvent complètement, quand ils essaient d'être les pires plaies du monde dans ma classe, quand ils jouent la game du je-m'en-fous-de-toi-pis-ton-cours-anyway-y'est-plate, quand ils essaient de me faire croire qu'ils sont méchants et mauvais, je trouve les ados adorables!