En allant de l’avant, vous acceptez que nous démolissons, critiquons, encensons, fustigeons, esquintons, glorifions, magnifions, massacrons les sujets de notre choix. Nous le faisons en connaissance de cause ou non, dans le but de ressasser gratuitement de vieilles opinions, de jeter un œil différent sur des débats actuels, de s’engager avec audace dans des thèmes nouveaux et de partager nos points de vue sur les petites insipidités de la vie. En entrant sur ce site, vous convenez donc que le sérieux et l’érudition de nos propos sont personnels et non sans failles et que, par conséquent, nous sommes ouverts à tout commentaire ou mise au point.

jeudi

Première indignation...

Pour mon premier texte sur ce blogue, ceux qui me connaissent s’attendraient à ce que je parle du 8 mars, non?

Je vous pogne!

Meuh non, je ne vais pas rebuter les quelques lecteurs égarés avec mes positions de féministe radicale (en fait, je garde ça pour la semaine prochaine…)

Non, je vais vous parler de tout autre chose. Cette semaine, dans l’indifférence générale, le CRTC a rejeté la plainte de censure concernant le renvoi du Zapartiste François Parenteau des ondes de Radio-Canada, en janvier dernier. Ô surprise!

Pour ceux et celles qui débarquent de Pluton et se demandent de quoi je parle :
http://www.ledevoir.com/2006/02/24/102815.html

J’ai toujours pensé que Radio-Canada nous servait plutôt bien, en tant que société d’État. Je suis allergique à la radio commerciale, aux pubs médiocres, aux mêmes chansons qui roulent depuis cinq ans et aux gags stupides. Je suis branchée sur la radio de radio-can du lever du soleil (l’équipe de l’Outaouais me fait bien rigoler, j’éclate souvent de rire sur le trottoir, troublant au passage quelques fonctionnaires horrifiés par mes manières) à la fin de la journée, et si je dois éteindre mon petit poste de radio (faut travailler, quand même) je le rallume invariablement à chaque heure pour entendre la douce voix de Raymond Archambault me dire ce qui se passe dans le monde.

Mais ce renvoi, rien à faire, je ne le digère pas. Je suis outrée qu’on nous prenne pour des valises au point de nous faire croire, en pleine campagne électorale fédérale, que ça n’a rien à voir avec le fait que Parenteau soit un souverainiste affirmé. Voyons donc… Pendant que Don Cherry continue à vilipender les Canadiens Français avec MES impôts en guise de salaire!

Son collègue Zapartiste, Christian Vanasse, a démissionné d’Indicatif Présent par solidarité. Beau geste. Sauf que les vendredis matins ne sont plus les mêmes, hélas…

Rappelez-vous le lock-out, l’automne dernier : les journalistes de Radio-Canada sont restés huit semaines dans la rue. C’était le 3e lock-out du règne Rabinovitch, en moins de cinq ans! Ça fait réfléchir, non?

Notre société d’État serait-elle en train de nous en passer une bonne?

Et que dire du délirant ombudsman du CRTC qui allègue qu’avec le temps, Parenteau et son humour engagé aurait pu conduire à «l’incitation à la violence»…!
Ça se passe de commentaires …

Pour vous tenir au courant de ce qui se passe avec, de loin, le meilleur groupe d’humour du Québec (ils sont pourtant toujours absents des nominations aux Oliviers! Ô surprise!)
www.leszapartistes.com

Go!

Alors ça y est, c’est parti.

Nous voilà 5 bozos, bozounes de plus sur la planète blogue. Et pour y faire quoi au juste? Dire notre frustration du monde, notre déception qu’il ne soit pas à la hauteur de nos attentes? Se gratter le bobo en public pour suivre la vague montant du sud? Peut-être bien pour raconter sa petite vie en espérant que des milliers de lecteurs lui confèrent soudainement une importance qu’elle n’a jamais eue. Je pourrais continuer des pages entières à énumérer les motivations qui poussent le blogueur moyen et ses lecteurs, je pourrais, mais je vais me retenir. On est sur la blogosphère ne l’oublions pas, je ne parlerai donc que de moi, de mes motivations.

Je suis, vous l’aurez remarqué, le blogueur sceptique. On m’a proposé d’être un des cinq jours de cette tribune, moi c’est le jeudi. Avant je n’avais jamais lu un blogue, n’en avais jamais écrit, ça ne m’intéressait pas. Et maintenant que j’y suis, j’ai l’impression de participer à une étude. Sur moi d’abord. Peut-être découvrirais-je pourquoi j’ai les deux pieds ici, et quel impact aura sur moi l’écriture hebdomadaire. Je serai peut-être un peu plus indulgent envers les blogueurs de la terre que j’ai tendance à juger un peu vite. Ce serait déjà ça de pris. Une étude sur mes co-blogueurs ensuite. Je serai un peu obligé de lire toutes leurs chroniques, c’est un moyen moderne et étonnant de connaître les gens y paraît. Et puis sur vous, lecteurs. Que vous soyez deux ou deux milles, le nombre déjà m’en dira un peu.

Trinquons donc à la curiosité.
C’est une drogue abordable et sans danger, parfaite pour les soirées en famille.

mercredi

Premier mercredi!

Et voilà! Premier jour, première phrase, première palpitation. Après avoir cogité sur ce projet, en voici le fragile aboutissement. Mes splendides collègues et moi-même mettrons toute notre ardeur afin d’en solidifier les assises et faire de ce blogue un monument à l’épreuve de la lassitude et des critiques acerbes. Mais trêve de salutations grandiloquentes et passons au vif du sujet…

… les jeux olympiques.

Non, mais! C’était-tu assez beau à votre goût? La joie dans les cœurs, la féerie sportive, la testostérone à vif (oui, mesdames, vous en produisez aussi!). J’ai suivi ça du mieux que j’ai pu, excité comme une collégienne à chaque coup de patin, à chaque pierre de curling. C’est quand même fou ce que ça peut faire, même aux plus anti-sportifs parmi nous. En un peu plus de deux semaines, on n’a droit qu’à la beauté pure. Que ce soit dans le succès comme Cindy la glaneuse de médailles ou Chandra l’inattendue, ou dans l’échec comme la saisissante chute de Dubreuil ou la défaite surprenante des représentants de notre sport national, chaque moment était une œuvre digne des plus grands artistes. Moi, j’aimerais que ce soit encore plus beau. Est-ce possible? me dira-t-on. Bien sûr.

En 1924, le Comité International Olympique demande à la France d’organiser un semblant de jeux olympiques d’hiver. Cet événement fut un franc succès : 16 nations y participèrent, 258 athlètes se disputèrent les sacro-saintes médailles des 16 disciplines officielles. Au total, 48 médailles d’or, d’argent et de bronze furent remises. Près du cinquième des athlètes furent donc récompensés. Turin, 2006 : 80 pays et 2 600 athlètes répartis parmi 84 disciplines spécialisées. En tout et partout, 252 médailles ont été rapportées dans des foyers du monde entier (le «monde entier» décrété par le CIO évidemment) par des sportifs aguerris. Alors que le nombre d’athlètes a plus que doublement quintuplé en 82 ans, le nombre de victorieux en proportion a baissé de moitié.

Faut-il en faire un drame? Faut-il gâcher les belles couleurs et arabesques de la cérémonie de fermeture par des chiffres aussi grisâtres tellement ils pâlissent en comparaison avec les statistiques de Turin? Probablement que non. Je propose malgré tout une réflexion sur le sujet, au nom de ces gens qui se défoncent pendant des années pour un sport qui les transporte, pour un but qui les obnubile, pour une gloire qui tient par quelques fils et qui les fait rêver comme une marionnette de Pantalone dans un théâtre italien. Alors que nous oublions en l’espace d’un mois les gagnants de l’argent et du bronze et qu’on cherche sur nos lèvres le nom du médaillé d’or après un an, qu’en est-il des athlètes aux 4e et 5e rangs? Des athlètes tous aussi accomplis que ceux qui se tiennent sur les trois marches du podium et qui méritent autant de reconnaissance. Ne faudrait-il pas revoir le système de médailles? N’aurait-on pas pu en tenir à bout de bras 168 de plus alors qu’on y a mis tant de sueur, de sang et d’argent et que le monde entier est tourné vers eux?


Pensez à tous ces Canadiens (ou athlètes de votre pays si vous nous lisez d'ailleurs) qui ont terminé en 4e place et mémorisez au moins un nom parmi ces derniers. Écrivez-lui un courriel et félicitez-le chaleureusement. Une mince consolation, mais un petit baume efficace.