En allant de l’avant, vous acceptez que nous démolissons, critiquons, encensons, fustigeons, esquintons, glorifions, magnifions, massacrons les sujets de notre choix. Nous le faisons en connaissance de cause ou non, dans le but de ressasser gratuitement de vieilles opinions, de jeter un œil différent sur des débats actuels, de s’engager avec audace dans des thèmes nouveaux et de partager nos points de vue sur les petites insipidités de la vie. En entrant sur ce site, vous convenez donc que le sérieux et l’érudition de nos propos sont personnels et non sans failles et que, par conséquent, nous sommes ouverts à tout commentaire ou mise au point.

vendredi

Le foot! Le foot!

Amateurs de sports, réjouissez-vous! La coupe du monde de soccer aura lieu dans moins d’un mois. Si ce sport déclenche surtout la folie collective en Europe (avez-vous entendu parler des Hooligans? Débile…) nous ne sommes pas épargnés.

Suis-je une fan de foot? Pantoute.

Pourquoi j’en parle, alors? Aaaaaaahhhhh….

Parce que cette année, la coupe du monde a lieu en Allemagne. Un beau pays, l’Allemagne : j’y ai passé deux mois il y a quelques années. Endroit sympathique, plein de belles choses à voir, des gens intéressants. Et la prostitution y est légale.

Que va-t-on offrir alors aux milliers de touristes qui vont venir encourager leurs équipes préférées? De la bière, des souvenirs nunuches, et… des filles.

L’Allemagne fait en ce moment de l’importation massive de chair fraîche.

Des dépliants rédigés en russe circulent dans les pays de l’Est et donnent des trucs aux demoiselles pour passer la frontière sans être inquiétées! « Mesdames, venez à Berlin faire une passe de cash! »

Le gouvernement allemand reste muet. Les groupes féministes se défendent bien d’encourager « la traite des femmes » : une campagne de sensibilisation a donc été mise sur pied pour responsabiliser les clients et faire la différence entre la prostitution légale et la prostitution forcée. « Demandez à la dame si elle fait ceci de plein gré », suggère-t-on aux papis vicieux à la recherche de sensations fortes.

Comme si les clients en avaient quoi que ce soit à foutre.

Comme si la fille allait dire : « oh non, j’ai un doctorat en sociologie, mais je fais ceci pour le plaisir. Bonne façon de voir du pays! Merci, monsieur, votre contribution m’aide à me payer un nouveau sac Gucci ».

LES FAITS : La prostitution est un des marchés les plus lucratifs qui soit. Les pays qui l’ont légalisée n’ont PAS enrayé le trafic humain. Par exemple, au Pays-Bas, seulement 10% des prostituées sont « enregistrées ». Le marché noir y est encore roi.

C’est un problème complexe qu’on ne doit pas être traité à la légère.

Tiré du site du Nouvel Observateur : « les autorités redoutent un afflux de quelques 40.000 prostituées venues de l'Est et pour la plupart envoyées de force »

Soutenez la campagne ACHETER DU SEXE N’EST PAS UN SPORT : http://catwepetition.ouvaton.org/

mercredi

Petit guide néo-éducationnel

Chapitre 1 – Tous dans le même bateau

Laissez-moi vous parler d’éducation…

«Ah non! C’est pas vrai! Y va pas encore nous les casser avec ça? Misère, y’a pas d’autres sujets? Une chance, l’été s’en vient, il va peut-être nous parler d’autre chose…»

Messieurs, dames, du calme! Bien sûr que j’en parle et reparle. J'ai les pieds qui trempent dans ce système à la dérive chaque jour et vous voudriez que je ferme ma gueule? Il est essentiel d’en parler! L’éducation, c’est la base d’une société. C’est ce qui permet de former des individus adultes à la hauteur du Québec : intelligent, cultivé, avec une conscience sociale… (mouais, mettons!)

Donc, laissez-moi, disais-je, vous parler d’éducation. Tranquillement, dans les écoles, nous approchons de la date fatidique où nous devons former les groupes pour l’année suivante. Il faut tenir compte d’un bon équilibre entre les forces et les faiblesses, des élèves en grandes difficultés d’apprentissage ou avec des troubles graves de comportement, du ratio garçon/fille et des chimies entre élèves. Juste avant cette formation des groupes-classes, qui peut parfois s’échelonner sur une semaine dépendant de la complexité de la clientèle, il faut passer à travers les fameuses cotes. Ces cotes, loin «d’étiqueter» les élèves comme le croient certains, permettent d’obtenir des services adéquats pour chaque enfant et les fonds nécessaires pour payer les spécialistes qui fournissent lesdits services.

Avec l’entente – lire «la loi spéciale qui a forcé l’entente» – entre les enseignants et le gouvernement, quelques petites choses ont changé dans l’instruction publique. Vous aurez peut-être des enfants, alors lisez attentivement. Même si ça risque de changer 36 fois avant que votre bambin n’ait l’âge scolaire.

Primo, les cotes disparaissent. Fouillez-moi comment ils vont distribuer l’argent selon les besoins. Ça, on ne nous l’a pas encore expliqué.

Secundo, l’année supplémentaire (doublage) pour atteindre les objectifs du cycle, ne sera plus.

Tertio, s’il y a année supplémentaire au primaire, elle ne pourra se faire qu’à la fin du cycle terminal (6e année), à la demande des parents et si l’on considère que l’enfant peut atteindre les objectifs du primaire à l’intérieur de ce laps de temps.

C’est du jargon pour vous? Pas de problème, je vous fais un petit scénario réaliste. Jusqu’en 2005, la réforme (celle qui a été modifié 1 477 fois depuis son implantation il y a 12 ans) permettait qu’un élève double à la fin d’un cycle (1er cycle = 1ère et 2e année, 2e cycle = 3e et 4e année, 3e cycle = 5e et 6e année). Partant de cette excellente idée, les objectifs furent répartis sur deux ans et, si Mathieu était un peu en retard une année pour une raison X, ça lui permettait de se remettre sur pied l’année suivante. Ça limitait aussi les cotes, distribuées comme des bonbons à l’Halloween par des profs faussement zélés. Ça éradiquait aussi le doublage abusif, recommandés par les mêmes profs débiles.

Mais maintenant… maintenant, si Mathieu en arrache en 1ère et qu’il ne se reprend pas en 2e, il passe en 3e sans être assuré de services et sans les acquis de base (compter, lire, écrire) nécessaires à son cheminement scolaire. Mathieu va ainsi continuer jusqu’à la fin de son primaire. En 6e, son prof, la direction et ses parents vont s’asseoir devant un p’tit café… On constatera – à regret, j’en suis convaincu – que Mathieu ne pourra atteindre les objectifs – avec autant de retard accumulé, aucun doute – en une année de plus – que ses parents refuseraient probablement de toute façon. Alors on va l’envoyer au secondaire en cheminement particulier. Et devinez à qui on vient d’offrir un beau décrochage à 16 ans sur un plateau d’argent, garni d’analphabétisme et fourré à l’estime de soi déficiente? Pauvre Mathieu. Et pauvres profs! Par défaut, on devient tous débiles!

Cette année, trois de mes élèves sont en grandes difficultés d’apprentissage. J’enseigne en 3e, elles sont d’un niveau début 2e, et ce malgré le fait que je bûche avec elles depuis septembre et que je les vois en récupération 4 fois par semaine. La cote de chacune saute l’année prochaine, je ne sais pas ce qu’elles auront comme service et il est clair que leur retard prendra des proportions abyssales, non seulement sur le plan académique, mais aussi sur le plan social car elles vivront du rejet (les loosers ne sont jamais bien vus). J’enrage et je maudis, en vain.

La première chose qu’on m’a apprise au baccalauréat, c’est qu’il existe une pédagogie pour chaque élève. Que chaque enfant est unique et que l’adaptation pédagogique est une mer, houleuse certes, mais où il est formateur de naviguer. J’ai plus que jamais le mal de mer sur l’océan aux eaux dormantes, plat et fade que nous sert le ministère. Priez pour éviter le naufrage, les enfants seront les derniers.

mardi

Ah t’es gai? S'cuse moi!

Des excuses du président de l’ADQ, qu’est ce que ça vaut? Pensez-vous qu’il l’est vraiment désolé? Ou bien n’est-ce là que du « Damage contrôle ». Je penche vers la deuxième option. Le mal est fait, ou le bien, parce que c’est peut-être une subtile façon de faire comprendre a l’électorat que l’ADQ est l’option a choisir si vous n’êtes pas pour le mariage de même sexe, si vous êtes dégoûté secrètement à l’idée que deux hommes ou deux femmes puissent adopter des enfants… Peu importe qu’ils soient sauvés de la prostitution, de la guerre, des mines anti-personnelles et de la famine.

Le monde avance, mais les mentalités stagnent, et l’acceptation des différences s’est carrément fait crucifier à la croisée des chemins quelque part entre le troisième et quatrième rang. Okay, je taxe le monde rural d’intolérance, mais je n’oublie pas en disant cela que la campagne est dans la tête de bien des citadins.

D’ailleurs aujourd’hui j’ai eu droit à la pléiade d’insanité sur la morale et les pratiques homosexuelles masculines au bureau où je travaille en ce moment; je suis pigiste, et « Bonjour tout le monde, je suis gai! Je viens vous donner un coup de main cette semaine » n’est pas la première chose que je dis en entrant le matin. Donc de l’intérieur de mon garde-robe ponctuel, j’ai été témoin ce matin de cette discussion a laquelle je me suis bien gardé d’intervenir. De un je n’y étais pas convié et de deux, mon intervention aurait laissé un genre de frette dans le bureau. Nous ne somme que 5 à partager un espace de 20 par 30, j’ai décidé de farmé ma yeule…

D’ailleurs je la ferme de plus en plus ma yeule, parce que je n’ai plus le goût ni l’énergie de convaincre les hétéros que du simple fait que je suis un être humain je mérite un respect équitable.

Ah oui! Quel était donc ce fameux sujet? Brokeback Mountain. Vous savez le film ou deux gars s’enculent dans une tente? Non voyons! Pas le film ou deux hommes foudroyés par le désir et l’amour s’obligent à vivre tout une vie de compromis et de mensonge dû à la peur. La peur d’être tué! Non! Surtout pas ce film-là. C’est plutôt le film qu’on n’a pas vu mais que l’on connaît déjà l’histoire parce que c’est évidant ; deux hommes dans une tente, ça ne peut que se cracher sur la bitte et s’enculer l’un l’autre!

Devant la moue de dégoût du jeune homme de 24 ans qui parlait, j’ai préféré rester silencieux et je me dis que ça doit être pour ça que la parade de la fierté gaie existe.

Elle est l’occasion parfaite de briser ce maudit silence…

Nous donne l’opportunité de crier haut et fort…

Qu’on est tanné d’avoir peur…

Et que des excuses ont en à rien à foutre parce qu’être con n’est tout simplement pas pardonnable.

Max

lundi

Pensons à des choses auxquelles on a pas le temps de penser...

Cette semaine, je ne suis pas à la maison...je n'ai donc pas la possibilité de réfléchir à l'écriture...

Mais, je vous lance, aussi gentiment que gratuitement, quelques pistes de réflexion, quelques sujets qui méritent un peu de notre attention. En fait, quelques idées auxquelles on doit penser silencieusement 2 ou 3 minutes (au plus) en faisant lentement non de la tête pendant qu'on y réfléchit...

Pensons un peu à Caroline Néron et au niveau (si bas) qu'elle est en train d'atteindre sans que personne de son entourage ne soit foutu de l'arrêter.

Pensons à ces artistes qui ont déjà accepté de participer au tournage de l'émission L'Audition de François Massicotte et qui voit la date de leur passage à l'émission approcher comme on voit approcher la fin d'une carrière...

Pensons à Jean-Nicolas Verrault qui s'apprête à animer tout un été Des kiwis et des Hommes aux côtés de l'être calme et posé, reposant et tranquille, qu'est Francis Reddy...

Pensons aussi un peu à Marie Eykel...

Anyway...