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vendredi

Isabelle en vacances!

Les femmes francophones de ce monde pourront bien se débrouiller sans moi pour deux semaines. Je quitte dans moins d’une heure, et il est plus que temps : mon ordinateur ne répond plus, le téléphone est kaput et je lis sur le site de La Presse qu’on peut « déplorer un phénomène de pipolisation qui touche les politiciens en France » (faisant référence aux photos de Sarkozy et de Royal en petites tenues, sur la plage, alors qu’ils sont censés être des gens sérieux).

Pour mes vacances, je ne vais pas à Arcachon me faire poser en bikini par VSD : je ne vais que métropoliser à Montréal. Participer à l’école d’été de l’Institut du Nouveau Monde, voir des amis, aller à la Ronde (et oui, Mère Indigne, moi je fais ça pour le plaisir! Mais je n’ai pas encore d’enfant, c’est peut-être le secret) faire la fiesta, m’ennuyer de celui resté en Outaouais et profiter de la vie. Amen!

A bientôt!

mardi

Perdu au milieu de l'univers


je suis agoraphobe, et ce genre d'image ne m'aide pas du tout. L'idee qu'on peut aller partout sans jamais rien atteindre est la peur qui me cloue chez moi.

Alors mon chez moi j'y tiens, en fait ce que j'aime le plus de chez moi c'est la paix qui y reigne. Pour l'instant, j'y ai assez de quiétude malgré les bars d'en face qui me tiennent reveillé du vendredi au dimanche soir, pour me convaincre de les tolérer et de m'accomoder de ces voisins désagréables qui sont venus s'intaller dans mon quartier des années et des années après que ma famille et moi y ayons élu domicile.

C'est mon arrière grand-père qui a acheté la maison dans laquelle je vis, et dans laquelle j'ai toujours vécu. À côté de moi Tanguy n'est que de passage.

Alors même si mes voisins me bombardent de leur musique agressive, je plie l'échine et m'y fais. Ils font des affaires d'or, et ils ont des contacts bien placés dans l'arrondissement qui font que j'ai beau crier sur la place publique, on dirait que personne n'est pret à adopter une résolution qui pourrait mettre fin a ces attaques noctures.

Seulement, moins je dors, plus j'ai du ressentiment qui bouillonne à l'interieur. Les yeux grands ouverts, couché dans mon lit, à écouter les échos qui resonnent à traves les murs de ma maison, j'ai le temps de penser à comment je pourrais riposter pour m'en débarasser. Plus ca va, moins c'est la musique qui me dérange que leur manque de savoir vivre, leur attitude, comme si le quartier leur était destiné, à eux seuls! Je n'ai qu'une idée en tête; le goût de leur donner une bonne leçon. Je me vois en train de les arroser avec la hose de l'autre côté de la rue. Je me vois, pénétrer subtilement leur établissement pour allez mettre une bombe puante sous l'une des meilleures tables... S'ils me poussent à bout... Peut-être...

Mais il est aussi possible que je sois contraint de fuir. Si jamais cela se produit, s'ils réussissent à me faire quitter ma maison natale, j'ai la satisfaction de savoir qu'ils ne pourront pas se sauver bien loin à leur tour, si mes décendants ou moi décidons de nous venger d'avoir été déracinés ainsi.

Il n'y a vraiment nul part ailleurs où aller, alors j'espère vraiment pouvoir cohabiter paisiblement.