En allant de l’avant, vous acceptez que nous démolissons, critiquons, encensons, fustigeons, esquintons, glorifions, magnifions, massacrons les sujets de notre choix. Nous le faisons en connaissance de cause ou non, dans le but de ressasser gratuitement de vieilles opinions, de jeter un œil différent sur des débats actuels, de s’engager avec audace dans des thèmes nouveaux et de partager nos points de vue sur les petites insipidités de la vie. En entrant sur ce site, vous convenez donc que le sérieux et l’érudition de nos propos sont personnels et non sans failles et que, par conséquent, nous sommes ouverts à tout commentaire ou mise au point.

vendredi

Histoires d'arbres

Mon nouvel ennemi numéro 1 s'appelle Claude Béchard.

Le ministre de l'environnement du Québec est bien à sa place dans le gouvernement le plus impopulaire de l'histoire récente. Ce tata fini va non seulement de l'avant avec le controversé projet du Mont Orford, mais veut maintenant appliquer sa politique "à go les coupes à blanc" à l'Île d'Anticosti, et à d'autres montagnes du Grand Nord!

On peut dire qu'on est choyés, avec lui en plus d'un budget fédéral qui achète des tanks et ignore Kyoto...

Je ne me prétends ni scientifique, ni écologiste. Mais il me semble que ce que nous faisons en ce moment n'est pas très brillant. Nous coupons l'équivalent, chaque seconde, d'un terrain de football dans la forêt amazonienne. Cette même forêt que ceux qui s'y connaissent mieux que moi appellent "le poumon de la terre"! N'y a t'il pas de quoi s'inquiéter?

On va finir dans nos condos de luxe à "Orford Paradise" en sniffant de l'air en canettes comme dans Spaceballs!

Les arbres nous servent de filtres. Ils nous permettent de survivre malgré la tonne de cochonneries que nous envoyons dans l'air. Plus d'arbre... il me semble que le scénario a de quoi faire réfléchir...

Que peut-on faire?

À Gatineau, la solution semble être de planter... des arbres en métal (pas une blague).

La pétition de SOS Mont Orford: http://sosparcorford.org/
Équiterre: www.equiterre.qc.ca

jeudi

Suivre la poque

Les séries sont finies. Snif! Non, je ne parlerai pas de hockey rassurez-vous. J’écoutais ça quand j’avais 7 ans, maintenant j’ai grandi, je me suis ouvert à autre chose. Il m’arrive toutefois d’écouter des bouts de match du Canadien pendant les séries, un peu comme je regarderais une belle performance aux Olympique. Quand un sport est bien fait et avec le pied sur la suce, c’est tout de même beau.

Tout ça pour dire que cette semaine j’ai écouté le dernier match de la série. Non je ne parlerai pas de hockey. Première étape : ouvrir la télé et réaliser que même en séries, il n’y a que CBC qui diffuse. Rien sur Radio-Canada. Pour moi, qui aie grandi avec la soirée du hockey tous les samedis, c’est tout de même surprenant. La soirée commence mal, le temps se gâte. Qu’une ville si fervente que Montréal ne puisse plus écouter son sport national qu’en changeant de langue ou en payant Québécor, c’est renversant.

CBC en anglais donc. Il paraît qu’on peut avoir les commentaires à la radio avec un peu de décalage, mais il semble que je ne pogne pas ce poste-là non plus. Passons. Est-ce que j’ai rêvé ça ou les commentateurs du Hockey night in Canada viennent de Toronto? De toute façon ils manquaient clairement de cœur. Pas mauvais, mais j’avais l’impression que ce n’était pas leur club. Calgary ou Ottawa probablement. Y avait définitivement quelque chose qui m’agaçait dans ma soirée.

L’intermission en tout cas était enregistrée dans un studio de Toronto (c’était écrit). Deux bozzos déblatèrent sur les bons et moins bons coups de la période. Comme à toutes les pauses dans toutes les émissions de hockey à travers le monde, sauf que là un petit détail m’a intrigué. En fait, pas si petit que ça le détail. En fait, je crois même qu’à Toronto, ils ont dû aménager une porte géante spécialement pour que le détail en question puisse entrer sans devoir laisser sa tête dehors. Vous l’aurez peut-être deviné, mon détail se nomme Don Cherry.

Je me rappelais vaguement qu’il avait soulevé la controverse en nous traitant de frogs ou quelque chose du genre. Je l’ai donc écouté un peu pour voir. Pas longtemps parce que ça fait vraiment pitié. Évidemment, c’est un personnage. Imbu de lui-même à l’extrême, condescendant, paternaliste, et j’ajouterais prétentieux, antipathique et misogyne (aucune preuve, mais j’suis certain qu’il fait pas souvent la vaisselle!). Donc, un clown pas drôle et mal habillé. Et puisque qu’il est animateur et non comédien, je me dis qu’il doit pas être si différent dans la vraie vie. Un charmant monsieur, une perle à découvrir sans doute. Rien sur les frogs cette fois-ci toutefois. Une courte recherche sur Google m’apprend qu’il reçoit un salaire annuel de… 700 000$. Sur la télévision publique bien sûr.

Le tableau se précise : ce soir, on rit de moi. J’imagine à peine comment doivent se sentir les vrais amateurs. L’année prochaine, j’pense que je vais passer mon tour. Je vais me trouver un bon livre et je vais m’enfouir sous une couette. Un livre qui pourrait s’intituler ils viennent de Mars, nous de Venus ou encore se faire fourrer et aimer ça pour les nuls.

mercredi

Épuisement

Cette semaine, très chers vous, j'ai «le trou d'cul en d'ssous du bras» comme dirait ma mère.

Je suis vanné, épuisé, érinté, prenez l'adjectif de votre choix qui décrit mon état. Debout à 5h30 le matin, je quitte l'école à 18h00 chaque soir. Ce sont les rencontres de parents pour le troisième bulletin, Ô joie. (Ce métier me tuera...)

Aussi, j'en suis certain, excuserez-vous mon silence cette semaine.

Mais la semaine prochaine, je casse des «yeules».

mardi

Sage comme une image?

Cette semaine à l’émission Indicatif présent, Marie-France Bazzo et ses acolytes nous ont déniché un petit bijou de réflexion à faire sur les 25 dernières années. La «twist» c’est qu’il faut faire cette réflexion en une seule image… Les distingués invités de sa table ronde de lundi y sont allés de leurs synthèses et je désire me joindre à leur jeu, je vous invite aussi à participer sur le site l’émission ainsi que sur notre blogue via les commentaires – c’est simple, trouvez l’image sur le net et copiez/collez son hyperlien dans la boîte de commentaire et voilà, nous irons les voir en cliquant dessus, n’oubliez pas, bien sur, de donner les raisons de votre choix–

Voici le mien, je vous le présente : Oliver North, celui qui à la fin des années 80 était au cœur de la controverse liée à l’affaire Iran-Contras ; la vente d’armes à l’Iran (tiens! tiens!) et la remise des profits de cette vente aux Contras du Nicaragua, une faction armée qui s’insurgeait contre le gouvernement socialiste nouvellement élu dans le pays. Excusez la description succincte des événements, je n’ai pas fait de thèse de maîtrise sur le sujet… Mais bref, l’idée est là, non?

Donc «Olie» quand il s’est fait pogner, est passé devant un tribunal quelconque et il a juré mesdames et messieurs, il a juré de dire la vérité, toute la vérité et rien que la maudite «bip» de vérité!

À ce moment, le Président américain était Reagan, lui, ainsi que toute son administration qui trempait dans la patente jusqu’au cou ont été pour moi le réveil brutal qu’un gouvernement élu démocratiquement, représentant le «peuple» et qui devait dans ma tête de jeune de 15 ans prôner et appliquer les principes de justice sociale et de maintient de la paix partout sur la terre, pouvait nous mentir, nous crosser, et même nous mettre en danger!

Là,debout se tient un homme qui est l’instrument de la magouille, la bobinette gouvernementale, qui nous disait a nous les toup’tits, qu’il ne faisait rien de mal, que tout était correct et que le peuple américain pouvait dormir sur ses deux oreilles.

Ben, le peuple Américain a dormi sur ses deux oreilles pendant 25 ans, pour se faire réveiller par deux avions dans les deux tours. Bang! 11 septembre, 9h43, c’est le temps de se l’ver bande de cave!!!! Mais ce n’est pas directement lié me direz-vous et vous aurez raison, cependant cette image d’«Olie» disant dire la vérité synthétise bien la façon cavalière qu’ont les Américains (et bientôt peut-être les Canadiens?) de brasser de la merde partout autour d’eux sans se soucier des lois, de l’éthique, et des conséquences que les gens qu’ils ont emmerdés ont les moyens de déployer en guise de représailles.

Elle synthétise très bien aussi la récupération médiatique des événements, qui permet à ceux qui crossent de s’en sortir, voir même d’en tirer profits. Ce qui permet aujourd’hui à «Olie» de ne pas croupir au fond d’une prison pour crime contre l’humanité. Nooooon! Voyons! Faites une petite recherche vite vite dans Google et vous verrez qu’il est maintenant collaborateur pour la FOX News channel, auteur à succès de 5 livres/romans sur la guerre et les conflits armés, et Héro! Oui j’ai bien dit «Héro» parce qu’il est à la tête d’une fondation qui subventionne l’éducation des enfants de soldats morts au combat!

– Voici le moment de verser une larme patriotique –

Enfin, cette image peut également être représentative pour plein d’autres situations, on n’a qu’à penser au Président Kagamé qui s’est payé la tête de Raymond St-Pierre sur les ondes de la SRC, ou bien Jean Chrétiens celle du juge Gomery lors de la commission sur les scandales ou Berlusconi qui s’est payé la tête de tous les italiens pendant plusieurs années avant que du bout de la majorité, ceux-ci ne se décident à lui fermer le clapet…

Ils ont tous jurés dire la vérité…

Mais la vérité, on la connaît, c’est tout des «bips» de menteurs…

lundi

En bleu, en blanc et en rouge

Des fois je nous aime. Comme quand le Canadien fait les séries. Quand même les plus rationnels d’entre nous se laissent emporter et lâchent un impossible et émotionnel « Canadien en 4 ». Quand les moins connaisseurs et moins intéressés par ce sport spéculent sur l’issue de la série actuelle contre la Caroline. Quand les adultes les plus rationnels ont envie de casser la gueule de Williams. Quand les familles les plus politisées débattent férocement sur la qualité de l’arbitrage. Quand les adolescentes nonchalantes et désabusées s’achètent des camisoles à l’effigie du CH. Quand les hommes d’affaires occupés et chargés de travail prennent le temps de sacrer après les ostis de bâtons de Sheldon Souray. Quand les gangs de filles s’organisent des soirées pour écouter la game juste pour pouvoir le dire aux gars plus tard. Quand ma cousine prend le temps de lire les Sports dans LeDevoir. Quand mes parents appellent à chaque entracte pour faire un bilan de la période.

On a vu à télé et lu dans les journaux que les fans de la Caroline organisaient des tailgates avant les matches de leur équipe à domicile, comme à la NFL. Il y en a plusieurs centaines à Montréal qui ont bondi et clamé que « c’est pas vrai qu’ils vont tripper à Raleigh plus que nous ici » et que « c’est quand même une super bonne idée cette affaire-là de tailgate pour se mettre dans l’ambiance de la game ». Ceux-là se sont peinturluré la face trois couleurs, ont trouvé des Hibachis, des sacs de briquettes, des saucisses et des boulettes, ont fait provision de quelques caisses de 24 de Molson et se sont rués aux abords du centre Bell pour mettre en branle ce qui pourrait bien devenir une nouvelle tradition à Montréal. Et ceux-là je les aime aussi.

Les meilleurs fans de la NHL sont au Québec (dis-je avec une fierté mal contenue). Quand notre équipe fait les séries, on attrape tous la fièvre, on se jette corps et âme dans la folie du hockey, on s’abandonne dans ce trip de gang comme nulle part ailleurs dans cette ligue. Parce qu’ici plus rien ne nous soulève, parce qu’ici on craint presque d’afficher nos couleurs et qu’on a plus de sentiment d’appartenance à une communauté, à un groupe. Le hockey devient pour nous le seul projet rassembleur qui fasse unanimité.

Le Québec d’ordinaire si frileux, si divisé, si difficile à mobiliser. Le Québec qui n’a pas de cause collective, pas de consensus.

Le Québec éternellement moitié rouge, moitié bleu et qui, au printemps, devient complètement bleu-blanc-rouge, uniformément tricolore.

Profitons-en pendant que ça passe.