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vendredi

Ne tirez pas sur le scénariste!

J’ai un rêve secret… Je ne sais pas si c’est à cause de Saga, le délirant livre de Tonino Benaquista, ou encore la faute des histoires ahurissantes de la scénariste anonyme derrière les Chroniques Blondes (www.chroniquesblondes.com), mais j’ai toujours rêvé d’être scénariste. Quelle profession! Travailler dans l’ombre, sans être trop reconnu, alors que l’idée même, l’essence d’un film ou d’une série télé repose sur nos frêles épaules… Chapeau. J’en rêve, mais je n’aurais jamais le courage.

Je me pose donc une question : que se passe-t-il à Hollywood? Combien de temps s’est-il écoulé depuis que l’ombre d’une idée originale s’est faufilée jusqu’à nos écrans? Ces années de vache maigre pour les cinéphiles sont composées presque exclusivement de remakes, de suites, de prequels (quand on a trop fait de suites, on revient au début!) et de livres transposés à l’écran.

Endroit où les livres n’ont pas toujours leur place, d’ailleurs. Il y a peu d’auteurs qui écrivent spécifiquement pour être « filmés » (Dan Brown, Marc Levy) et ça donne des romans sur le pilote automatique. Je me pose des questions sur l’intrigue ultra complexe du Black Dahlia de James Ellroy, ou sur la pertinence de faire le film du très chouette Jane Austen Book Club (un film tiré d’un livre sur une bande de lecteurs qui s’assoient en rond et qui jasent de livres… mouain…)

D’un point de vue plus français, avez-vous vu la série télé tirée des Rois Maudits? Y’a tellement de monde, dans ce livre-là, j’ai passé les milles quelques pages à aller vérifier dans les notices biographiques de la fin, pour savoir qui était qui! Comment faire, dans une série télé, je vous le demande? Mettre leur nom sous les personnages quand ils apparaissent à l’écran? Un narrateur? « Ici, dans son kit de cuirette rouge cheapo, Robert d’Artois ».

Ce qui s’écrit pour le cinéma hollywoodien en ce moment est assez affligeant. Une idée originale, qui n’est ni une suite ni un remake? Snakes on a plane. C’est à pleurer…

(En passant, trois des cinq bloggeurs de ce site sont allés voir le film en question cet été. Saurez-vous deviner lesquels ont si peu d’amour propre?)

mardi

Bon gosse bad goth!


Non ce n’est pas un film québécois qui fracasse des records au box office, c’est davantage un opéra-rock machiavélique qui fait entrer en collision deux mondes, celui de Walt-Disney avec une petite princesse prénommé Anastasia et celui de Tarantino avec son tueur fou qui se pense dans un film des frères Waschowski ou la réalité n’est qu’une image et la mort n’est pas une fin, mais un éveil.

Un scénario qui alimente les conversations de centres d’achats, de pause cigarette à 9 mètres de l’entrer principale, ou bien je ne sais ou ailleurs dans nos vies ébranlés. Mais vous les avez tous entendus j’en suis sur :

«Une si jolie petite fille!»,
«Adorable!»,
«À l’aube de sa vie…».

Ou bedon :

«Un vrai fou!»,
«Un freak malââââde!»,
«Voir si ça du bon sens faire des affaires de même.»

Les clichés ressortent dans ces tragédies trop grandes pour le petit monde, le peuple trop occupé a longueur d’année à oublier qu’à deux pas de chez–eux se terre des gens en détresse qui lance des cris d’alarme gros comme un avion dans une tour du world trade center.

Mais ces tragédies servent toujours quelqu’un qui sait se placer à la bonne place, au bon moment pour en profiter; les médias et les prestidigitateurs politiques. Ils nous «pitchent» de la poudre aux yeux pour se rendre plus attrayants les uns des autres, ils savent comment alimenter –mais non que dis-je! GAVER!– leurs ouailles de cet événement tragique. Pour les medias, c’est du vrai –Prêt-à-diffuser– afin d’étirer la sauce entre les bulletins de nouvelles pour qu’ils restent intéressants le temps qu’un autre Taliban se fasse sauter la bicyclette avec souhaitons-le, pour faire monter les cotes d’écoutes, un ou deux Canadiens.

Ils beurrent tellement épais, les medias, qu’ils sont en train de virer cette triste affaire en mal-bouffe indigeste. Ils ont flairé la bonne affaire ou l’ont créé de toutes pièces, je ne sais pas, mais ils nous affligent de la page d’accueil du portail de Canoë à la Une du Devoir en passant par TQS TVA et Radio-Canada de cette éternelle symbolique du bon versus le mal; de l’ange qui monte au ciel en opposition au damné qui descend drette en enfer.

Bon là, j’avoue, ça fait une semaine et c’est moins pire, Talibans, Afghanistan, Iran obligent. Mais des photo romans de pleureuses tout de rose vêtue… On n’ananas-tu vu?

Mezen qu’on ananas vu!!!

Bientôt, je ne serais pas surpris de voir Charest –ou plutôt Boisclair!– faire des apparitions en tutu pour se construire du capital de sympathie en vue des prochaines élections.



Cela dit je suis sensible à la peine de la famille De Sousa, et Gill, qui ont tous deux une horrible période à traverser.



Mais plus encore je suis sensible aux effets pervers d’un tel événement sur l’esprit collectif pour qui, encore une fois, la Différence vient de tuer. Ce qui n’est pas très bon pour son image ça. Oh ça non!

Elle est mieux de se faire petite et de se tenir tranquille, la Différence, parce qu’autour d’elle dans les semaines à venir, l’atmosphère sera chargée d’insécurité et de nervosité qui frôlera l’hystérie.

Un piercing, un tattoo, une coupe de cheveux, un turban, une peau basanée, tout ce qui est un temps soit peu anormal, atypique, des rien-du-tout qui suffiront pour attiser les phobies et les préjugés.

Nous vivons dans une société qui cherche le bonheur et qui s’acharne à devenir meilleure, plus sécuritaire, mais qui de fait, devient de plus en plus une société où le malheur persiste. Pourquoi donc?