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vendredi

Travailler, c'est trop dur...

Hier soir, je papillonais dans une rencontre politique bien arrosée, à jaser avec le plus de gens possible, en bonne conjointe de politicien de mon état. Me voilà donc assise avec deux sympathiques baby-boomers, tout épatés qu'ils étaient de voir autant de jeunes s'intéresser à la politique. Bon. Au moins leur étonnement n'était pas méprisant, la dame était sincèrement contente de nous voir tous, "ils sont tellement beaux les jeunes".

Inévitablement, la phrase qui suit : "ils sont un peu gâtés, par exemple". Alors là, nous allons jaser. Gâtés? De quossé?

Je demande donc à la dame de délabirynther ses sentiments. Et elle me parle du sujet que je trouve le plus hilarant dans la bouche des baby-boomers: le travail.

"Les jeunes, ils sont un peu... paresseux, non? Ils ne travaillent pas aussi fort que nous, en tout cas!"

Que voilà une argumentation que j'aime! Nous travaillons moins? Nous travaillons mieux!

Je ne peux parler que pour moi, pas au nom de ma génération. Mais moi, je REFUSE de me tuer au travail. Je REFUSE de ne jamais voir mes enfants. Je REFUSE de me laisser dévorer vivante par une relation houleuse entre collègues ou une patronne toxique. Ça ne fait pas? Je ne suis pas bien? Une situation professionnelle me mets dans tous mes états? Perdre le sommeil, l'appétit, travailler le samedi pour arriver, ne jamais voir celui que j'aime? JAMAIS. Si ça ne fait pas, je fous le camp.

Des jobs, il y en a des tonnes. Je pourrais parfaitement vivre avec un salaire de serveuse, j'ai adoré travailler en librairie. J'aime "mon domaine" et une bonne douzaine d'autres. Je refuse, et refuserai toujours, de me laisser empoisonner la vie au nom du dieu argent.

Les baby-boomers ont beaucoup travaillé dans leurs vies. Ils ne nous ont pas vu grandir, ils ont divorcé, ils ont fait des burn-out et des crises cardiaques. Et aujourd'hui, ils refusent de prendre leur retraite parce qu'ils n'ont pas encore assez d'argent. Dans certain cas, c'est vrai, et la retraite pauvre n'a rien de tentant. Mais s'ils ne finissent pas par décoller, nous n'aurons jamais de place! Le cycle de la vie : les vieux laissent la place aux jeunes.

On me trouve trop peu ambitieuse. Je le suis pourtant: mon ambition, c'est d'avoir du fun dans la vie, au travail, à la maison et dans mes loisirs. Je rêve d'un petit 4 jours semaines, relax, de ne rouler qu'en vélo, de ne pas avoir de chalet et de faire du tourime écolo-bio-équitable-pas cher.

Je vais travailler pendant les trente prochaines années, minimum, et j'ai l'intention d'en profiter pour m'amuser.

Et vous?

mardi

Silence on vote !


Si je comprends bien notre système parlementaire, on dit qu’on passe une loi en sachant très bien que la marde va pogner et que pleins d’honnêtes citoyens vont monter aux barricades.

Mais ce n’est pas grave, on «Stall» et voilà que la job est faite. Y’a juste à faire du PR et d’essayer de mettre la bisbille dans le petit monde. Foutre le bordel entre ceux qui veulent des jobs sans se faire trop fourrer, et ceux qui veulent des jobs même s’ils se font fourrer.

Parce qu’une fois que tu n’as plus de job, t’es plus rien! T’es même plus respectable. Tu deviens un genre de déchets qu’on garroche par la vitre de l’auto, le déchet que personne ne ramassera jamais. Un peu comme les bouteilles de bière sur les bords de la route de la Beauce.

Ça fait peur à tout le monde le rejet.

Et la meilleure façon de se faire rejeter c’est de revendiquer. Revendiquer c’est ouvrir son cœur à celui qui détient une portion de ce qu’on veut, et lui dire qu’on en veut. C’est mettre l’autre personne dans la plus avantageuse des positions, celle de pouvoir dire non.

Et vlan drette d’in dents!

Pour une partie de la population, le cas est réglé, y’a rien à faire, on est trop petit, on ne peut pas changer le monde, toujours le même qui ont toutes et blah blablablahhhh!

Pour l’autre partie, ben la lutte continue parce que ça vaut la peine d’aller au bout des choses et qu’ultimement la démocratie, la voix du peuple pourra se faire entendre.

Mais erreur, on peut vous molester socialement en toute légalité, si vous chialer trop fort et que vous toffez longtemps, il arrive inévitablement le jour de la fin de la session parlementaire.

Le jour de la solution, le jour du BAILLON!

On vous réduit au silence un point c’est tout.

À ce moment c’est toujours les mêmes qui ont toutes et blah blablablahhhhh!

*soupir*

lundi

La beauté de la langue

J’ai l’immense bonheur d’avoir dans mon entourage relativement proche quelqu’un qui connaît quelqu’un (un lien ici délibérément vague) qui a cette volonté touchante d’utiliser les expressions de la langue française ainsi que certains de ses plus beaux termes dans sa conversation de tous les jours. Je partage ici quelques unes de ses plus belles créations en vous certifiant que toutes ces perles sont authentiques et fidèlement rapportées.

Alors qu’il avait vu un stationnement rempli de voitures Ferrari et qu’il voulait rapporter l’événement en termes forts et éloquents : Y’en avait à perte de vue, y’en avait tellement là, une pénurie de Ferrari, u-ne véritable pé-nu-rie!

Alors qu’il travaillait dans une boîte électrique et qu’il tentait d’insérer un tout petit fil dans un tout aussi petit espace :Hum, c’est un véritable travail de précision…c’est comme si j’essayais d’insérer une aiguille dans une botte de foin (…)

Voulant décrire la démarche de sa femme qui s’en venait vers lui dans un sentier et qui, peut-on s’imaginer, devait marcher très lentement (genre clopin-clopant) : Et là je vois ma femme qui s’en vient vers moi, bon an mal an, dans le petit sentier…

Quand on lui a demandé si sa tendre épouse préférait le vin blanc ou le vin rouge :Bah, un ou l’autre, ma femme est pas trop controversée…

Et la dernière, mais non la moindre, le bonbon, la véritable perle rare, l’heureux mélange du récit biblique et de la culture populaire (Notre ami parle de sa relation avec l’employeur) : T’sais on a pas de poids dans la balance, ça prendrait un syndicat, une union, parce que là c’est toujours le petit employé seul devant le gros boss, c’est toujours David contre Goldorak (…).