En allant de l’avant, vous acceptez que nous démolissons, critiquons, encensons, fustigeons, esquintons, glorifions, magnifions, massacrons les sujets de notre choix. Nous le faisons en connaissance de cause ou non, dans le but de ressasser gratuitement de vieilles opinions, de jeter un œil différent sur des débats actuels, de s’engager avec audace dans des thèmes nouveaux et de partager nos points de vue sur les petites insipidités de la vie. En entrant sur ce site, vous convenez donc que le sérieux et l’érudition de nos propos sont personnels et non sans failles et que, par conséquent, nous sommes ouverts à tout commentaire ou mise au point.

vendredi

nouvelles doudounes

Ce blogue sert souvent à nous épancher : nous cinq y confions nos états d’âmes et nos frustrations, petites ou grandes, nos cris du cœur, nos plaidoyers. J’avais envie, cette semaine, d’arrêter un peu de chialer et de vous livrer, selon l’expression qui n’est pas de moi, quelques « nouvelles doudounes », de petits bouts d’information qui m’ont réconfortée.

Avez-vous vu, dans les pages du Devoir, il y a quelques semaines, une demande en mariage? J’ai trouvé ça très romantique. L’histoire ne dit pas si elle a dit oui, mais pour le bien de ce billet, mettons que oui!

Le gros cinéma américain nunuche est en perte de vitesse. A force de ne pas remplir les salles, ils vont peut-être arrêter de faire des remakes / suites / redites de la même histoire 106 fois? Pendant ce temps, notre cinéma à nous se porte très bien. Avez-vous l’Audition? Wow… Et le nouveau de Ken Scott sort cet été, youpi!

Le gouvernement du Québec va enfin s’attaquer à l’équité salariale. Ça sent les élections, mais c’est une bonne nouvelle tout de même!

Ils ont sorti un coffret DVD de Lady Oscar. Et ma fête s’en vient…!

Je suis un peu en retard, mais je viens de découvrir la douce poésie et la musique entraînante de Camille. Tout a fait charmant.

Sur un sujet pas mal plus grave, en débordant au Tchad, le conflit du Darfour va sortir du Soudan et l’ONU n’aura plus de raison de rester assise sur son beigne. Une mauvaise nouvelle qui pourrait éventuellement, peut-être, si les astres s’alignent, en devenir une bonne. On croise les doigts.

Un groupe montréalais s’oppose à l’implantation massive de nouveaux Wal Mart. Sérieusement….

Les Oilers font les demies-finales! Ca fait mal à l’orgueil, chère co-bloggeuse?

Bonne longue fin de semaine!

jeudi

Crotte

Chaque printemps. Encore et encore année après année.

Le mois de mai n’a pas l’exclusivité, mais disons-le franchement, il détient le record toute catégorie.

Depuis samedi dernier, il semble n’y avoir pas grand chose de plus important. Dossiers spéciaux dans pratiquement tous les journaux, longs reportages aux bulletins d’informations, la radio est aussi touchée, concours, entrevues… On dirait que les journalistes ont perdu tout sens critique. Car il n’y a pas seulement ce qu’on dit qui compte, mais aussi la manière et l’importance en terme d’espace média qu’on accorde à un événement… ou à un non-événement.

Chaque printemps, nous sommes submergés par la machine promotionnelle du gros blockbuster de l’été. Cette année, c’est le Davinci Code.

On veut nous faire avaler un produit à grand coup de bâton de baseball dans la gorge. Qui est vraiment impatient d’aller voir ce film? Quelques fanatiques de Monsieur Brown? Alors dites-moi pourquoi en parle-t-on plus que d’autres films qui arrivent sur nos écrans avec une vraie réputation? Que le 7 jours fasse un dossier photo de 47 pages sur le film ou que Filles d’aujourd’hui nous parle des potins des stars, ça va, j’ai juste à pas acheter ces revues. Mais quand tous les médias d’information se mettent à répandre la propagande des studios américains, là ça me fait carrément chier. La fameuse anticipation que suscite un tel film est créée de toute pièce par des boîtes de communication de Hollywood.

Il semble que par les temps qui courent, à l’heure où les journalistes doivent sortir de la nouvelle plus vite, toujours plus vite, on ait qu’à inonder les salles de presse du monde de matériel et de communiqués pour avoir droit à visibilité mur à mur. Ça me rappelle la belle propagande de la guerre du golfe ou du post 11 septembre 2001 (même si les conséquences n’ont rien à voir, les blockbuster ne tuant que quelques-unes de nos cellules grises). Nos médias ont-ils à ce point peur de manquer une nouvelle couverte par les concurrents qu’ils n’exercent plus leur jugement?
C’est bel et bien le printemps. Ça pue la marde. Mais soyons prudents, du caca de chien il y en a à longueur d’année sous une fine couche de neige. Facile de s’en coller une galette aux pieds et d’en répandre partout

mercredi

«Une politesse avec deux empathies svp... Pour emporter!»

Il crie, il hurle, il gesticule. Il lui lance sa rage au visage, l'arrose de postillons acides et risque de lui arracher la tête dans les prochaines minutes. Elle, est imperturbable dans son petit chemisier bleu. Elle écoute, ponctue de «Je comprends, monsieur...» et respire par le nez. Elle reste polie, son ton est de bon goût, elle ne bronche pas. On sent par contre son malaise et on partage avec elle à la fois l'envie de lui mettre un bon poing sur la gueule et de pleurer un bon coup pour enrayer la marée de stress.

Nous sommes à la Caisse populaire, peu de temps avant la fermeture. Tout le monde s'est précipité parce que, pour faciliter son service à la clientèle, ladite caisse n'ouvre après les heures officieuses de bureau que le jeudi. Les autres jours, on quitte le boulot 10 minutes avant pour passer la porte de justesse. Chacun est impatient: c'était dur dur au travail, il y a le souper à faire, le petit à prendre à la garderie et Beautés désespérées à écouter. Bref, la journée est loin d'être terminée. La préposée au comptoir aussi en a son truck. Comme le gardien de sécurité, la réceptionniste et le conseiller financier.

Alors que plus les clients attendent, plus ils prennent un air bête, le personnel, lui, continue de sourire. Service à la clientèle oblige, vous savez. Et on pense tous: «Elle est mieux de faire ça vite, parce que j'ai mis mes clignotants d'urgence...» Cette pensée est un extrait des plus polis puisque plus l'attente persiste, plus l'apparition de mots douteux est exponentielle. On se contient, on respire, on souffle. On est civilisé après tout.

On arrive finalement au comptoir avec un «Bonjour!» essoufflé, exprimant d'un coup notre fatigue, notre mécontentement et l'urgence. Elle gardera son petit sourire, nous fera une petite remarque pour détendre l'atmosphère et on sortira de l'édifice, soulagé et curieusement un peu plus heureux. Mais voilà que, Ô horreur, un petit monsieur pète sa coche au comptoir. Elle n'a rien dit, rien fait, n'est aucunement responsable. Pourtant il l'accuse de tous les maux de la terre: de l'attente, de son arthrite, de la crise au Darfour, de la hausse du prix de l'essence et de la grippe aviaire. Il finira par se calmer, après l'intervention du gérant et du gardien de sécurité. Mais le mal est fait: tout le monde est trois fois plus crispé, le malaise s'est installé et la pauvre fille est au bord de l'effondrement après cette«crise-client», peut-être sa troisième aujourd'hui. Et que dit la dame qui suit le grossier personnage pour l'encourager un peu?

«J'espère que vous me ferez pas de misère.»

C'est moi où les gens ont de moins en moins à coeur le bien-être d'autrui? Est-on rendu à ce point égocentrique pour qu'on se permette de maugréer et chialer pour un rien? Qu'on croit que tout nous est dû? Qu'on se pense archiduc ou baronne? Si le service est inadéquat, je peux comprendre. Et encore, on se plaindra avec ton posé et parcimonie de fiel. Parce qu'il s'agit d'un autre être humain et que personne ne doit être démoli pour un café latte râté ou un gaminet avec défaut de fabrication.

Oui, le chauffeur de bus bête existe. Oui, il y a cette caissière qui vous dépose la monnaie dans la main avec la délicatesse d'une pelle hydraulique. Oui, il y a cette vendeuse qui vous tutoie comme si vous aviez gardé les cochons ensemble, avec sa chique de gomme bonne à calfeutrer une fenêtre. Mais il y a aussi le boulanger qui vous remet le pain avec le sourire, le «changeur» du métro qui vous tend votre billet sans mot dire, le garagiste qui essuie la trace crasseuse laissée sur la carosserie et tous les autres qui font leur métier de servitude avec savoir-faire et rectitude. Et qu'est-ce qu'on leur dit la plupart du temps?

Rien.

Cette semaine, dites merci. Merci pour tout, merci pour rien, mais surtout merci pour ce qu'on croit acquis.

mardi

90 cennes pour une piasse


Ben oui toi chose, c’est rendu rentable d’aller aux États, faque c’est là que je m’en vais… D’ailleurs au moment où vous lirez ces quelques lignes je serai déjà depuis plusieurs heures dans la grosse pomme!

Mais n’ayez crainte, je ne suis pas de ceuze-là qui cours les bargains de l’autre côté de la frontière. Ça adonne juste de même. Je suis déjà allé aux États quand notre piasse valait 80, 70, pis 64 cennes, bâtards! Et surtout je n’y ai jamais été rien que pour magasiner!

En fait je trouve ça complètement débile d’aller acheter dans un pays voisin les mêmes cochonneries qu’on a ici pour éviter de payer des taxes… Les taxes, c’est ça qui paye collectivement les affaires qu’on pourrait pas se payer tu-seul.

L’autre soir j’écoutais, ou plutôt je subissais l’écoute, d’un vox pop de québécois qui méga-zignaient chez nos voisins du sud. Un pauvre bougre nous disait qu’il avait économisé 100 piasses sur ses beaux souliers neufs fabriqués au Pakistan. Une autre tentait de se convaincre en nous répétant qu’il y avait ben plus de choix dans les centres d’achat, ah oui, qu’elle disait, ben plus de choix ici… !!! Mais… Du choix de quoi bon dieu tout puissant? Dites-le… Allez dites-le de kossé que tu as acheté-là que tu aurais pas trouvé dans ton Wal-mart plus près de chez vous?

Ce n’est pas un Yacht à 100 000 piasses que tu magasines épaisse, ce n’est pas un tailleur Channel que tu as su’l dos! Ce sont des souliers pis des bobettes de grand-mères… Vient pas me faire à croire qu’ils n’ont pas ta sorte au Canada misère… T’es-tu si spéciale que ça, toi? J’étais dans un GAP à Glasgow l’an dernier pis j’ai acheté un chandail que le 3/4 des fifs du village avaient sur le dos quand je suis revenu… Vous savez, ceux que c’est écrit GAP dessus? Je vous parie un brun qu’au GAP de Ouagadougou ça va être écrit GAP sur le chandail. À part l’accent à coucher dehors du vendeur écossais, même la langue était la même qu’au GAP du Centre Eaton c’est-à-dire l’anglais!

Écoutes-moi ben mémé, savais-tu que même la très-english-canadian-Hudson-Bay-Compagnie n’avait pratiquement plus rien de canadien maintenant? Y’a tellement plus rien de canadien dans la moitié de nos grandes surfaces, que tantôt, ça va te prendre ton passeport pour allez chercher ton beurre de pinotte! Pus besoin d’allez à Platsburgh ma vieille! Les États sont propriétaires de toute – drette chez vous! – In the comfort of your own country. And if you buy right now, we’ll ship your 3 easy payments into our Caiman island accounts at no extra charge.

Anyway, moi je vais aux États le moins souvent possible et quand j’y vais, je paye pour des affaires qu’on peut pas avoir ici… Entk pas encore! Je vais, entre autres choses, aller voir le trou béant de la honte du World Trade Center en me disant qu’à force de vouloir acheter aux États, on va sûrement finir par en payer le prix…





lundi

La jeune maman et la vieille chienne

Aujourd'hui sur le blogue des 5, l'anecdote de la jeune maman à qui on a anéantie son estime de soi en une seule petite phrase gentiment assassine, une histoire inspirée de faits très cruellement vécus par l'auteure de ces lignes.

La jeune maman de l'histoire donc déambule en poussant fièrement sa poussette dans le tourbillonnant Carrefour Laval, accompagnée de la grand-maman gonflée d'orgueil et de bonheur. Son bébé de cinq mois distribue les sourires à tous les passants et comme elle est sereine, la jeune maman, elle qui vient de célébrer la veille sa toute première fête des mères.

La jeune et souriante maman entre dans la boutique de laine pour y consulter les derniers patrons de tricots pour touts petits. La vendeuse, qu'il conviendra ici d'appeller la "grosse vache", fait des guili-guilis au petit bébé et se pâme sur sa beauté, sa belle petite bouille, au plus grand plaisir de la jeune maman rayonnante.

Grosse vache "Il est-tu assez cute ton bébé, il a quel âge pour être souriant de même, pis c'est un petit gars non? comment qu'il s'appelle donc ce beau petit paquet d'amour, allô mon beau bébé, goulou gouguigui..."

Jeune maman "Oh oui il est très beau, il a cinq mois, tralalère blablabla hihihi"

Alors, la grosse vache jette un regard rempli de bonté sur le ventre de la jeune maman ou, plus précisément, sur le reste de vieux gras de maternité dont celle-ci ne s'est pas encore débarassé et pose la question fatale, la question qui tue: "Pis celui-là, tu sais tu déjà c'est quoi le sexe?"

Jeune maman "Ben........(tressaillement, rougeur des joues, tremblement léger des membres, sensation de froid aux extrémités, bouche soudainement sèche, disparition totale de toute forme d'estime de soi).....en fait........han.....je ne suis pas....."

Grosse vache "Mon doux, heille, (malaise), ils disent qu'il faut tourner sa langue sept fois avant de parler..."

Et la jeune maman n'a plus rien à dire tout à coup. Elle a très envie de dire à la grosse vache de farmer son esti de yueule et de manger un char de marde, mais elle se contente de bafouiller un "bon ben bye bye madame" poli et courtois et elle repart, avec sa poussette et son vieux gras de ventre flasque. Elle n'a plus rien à faire au Carrefour Laval de toute façon. Elle serait mieux d'aller tout de suite faire 50 000 redressements assis....

Comme quoi des fois, l'estime de soi, on pense que c'est solide, mais ça ne tient qu'à un seul petit fil qu'il est si facile de couper pour une vieille vendeuse de laine...

Au fait, j'ai l'air amère mais au fond je trouve ça très drôle. Bon, mettons.....