La face cachée du suicide
Cette semaine Lise Payette nous a fait pleurer moi et mon chum au petit déjeuner, en lisant son texte sur le suicide. Simplement, elle nous confiait qu’à 17 ans, la mort de son ami Reynald lui avait ouvert les yeux alors qu’elle lui fermait les siens. Cette phase a complètement chaviré mon chum qui n’a pu dire autre chose que «C’est triste, mais c’est beau» en même temps que nos yeux se sont remplis de larmes.
Si hier vous évitiez le sujet et que demain vous allez faire comme si vous l’aviez déjà oublié. Aujourd’hui, vous - les parents - n’avez plus le choix, vous devez en parler… C’est comme ça chaque fois qu’un jeune ou deux se suicide et que ça passe à la tivi ou ben que ça fasse la première page du «Journal de Montréal»
DES ADOS SE SUICIDE À 14ANS en grosses lettres. Ça choque, ça surprend, ça réveille!
Mais ça réveille quoi au juste? Pourquoi est-ce que maintenant on sent le besoin d’en parler plus que la semaine passée quand personne n’était encore mort.
C’est effectivement terrible la mort de deux jeunes qui n’ont vu là, le seul moyen de se sortir du désespoir qui les hantaient. Cependant ce qui est encore plus terrible, outre le fait que personne n’ait pu, su ou voulu voir la détresse de ces deux adolescents, c’est qu’il y ait eu une source au malheur lui-même.
À 14 ans! Qu’est-ce qui peut allez mal de même!!!
Comment est-ce que les parents ont élevé les enfants si rendu ados, on pense que la seule solution à nos problèmes d’ados est la mort? Je pose la question sans savoir de quoi je parle bien entendu. Je n’ai pas d’enfants…
Mais j’ai un germe de réponse. Si je crois fermement qu’un enfant qui tourne bien dans la vie n’est pas nécessairement grâce à ses parents, si il tourne mal, c’est 100% de leurs fautes. Donc si on dit aux parents «parlez-en à vos enfants» faudrait d’abords s’assurer que la source du conflit n’émane pas d’eux, sinon comment voulez-vous que l’enfant débloque!?
«C’est toi qui me fuck la vie p’pa!»
Ce qui me fait dire que le suicide d’un jeune n’est pas vraiment l’échec des parents autant que l’échec d’une société complète. Je veux dire qu’un jeune qui se suicide le fait parce qu’il ne se sent pas à sa place. Pas accepté. Qu’il ne «fitte» pas dans le modèle qu’on lui dit être la norme!
L’ami de Mme Payette, Reynald, était homosexuel… Donc c’est pas juste cette semaine qu’il faut lui demandé s’il a des idées suicidaires, mais les autres 51 semaines de l’année ou il faut faire preuve d’ouverture et de soutient face au jeune qui est en train de se construire une identité et un estime de soi qui pourra résister aux abus de la société,.
